Communiqué BROUILLARD

Le nouveau variant de la COVID-19 expliqué
18 janvier 2021 | Communiqués de presse

POURQUOI LE NOUVEAU VARIANT DE LA COVID-19 EST-IL PLUS INFECTIEUX?
Des chercheurs québécois expliquent le phénomène derrière l'infectiosité accrue des nouveaux variants du virus

Québec, le lundi 18 janvier 2021 – Des recherches réalisées par l'équipe du professeur Rafael Najmanovich de l'Université de Montréal expliquent pourquoi le nouveau variant du virus SRAS CoV-2, originaire de l’Angleterre, infecte plus facilement les humains. Les résultats des recherches du Pr Najmanovich sont décrits dans une prépublication, déposée le 21 décembre dernier sur la plateforme bioRxiv, qui fait l'objet de beaucoup d'attention dans le milieu scientifique. Selon le chercheur, professeur au département de pharmacologie et physiologie de l’Université de Montréal et membre du réseau PROTEO, c'est en fait une simple histoire de pince et de boulon!

La surface du virus est couverte d’une multitude de copies d’une protéine nommée Spicule : représentées par les protubérances rouges sur le fameux dessin du virus. Cette protéine, qui peut se trouver dans l’état « ouvert » ou « fermé », permet au virus de s’attacher aux cellules humaines, une étape clé de l’infection. Le point d’ancrage aux cellules humaines est une autre protéine, nommée quant à elle ACE2.

Pour bien exposer ce qui se passe quand un humain contracte le virus, le chercheur compare la protéine ACE2 à un boulon et la protéine Spicule à une pince. Plus la pince (protéine Spicule du virus) est ouverte, plus elle adhère au boulon (protéine ACE2 de l’humain), facilitant ainsi l’infection. Selon les résultats des recherches menées par l’équipe du Pr Najmanovich, la structure de la protéine Spicule du nouveau variant est plus souvent dans l’état « ouvert » que celle du virus initial. Cela faciliterait son adhésion aux cellules de l’humain et par le fait même l'infection.

Selon la Pre Joelle Pelletier de l’Université de Montréal, aussi co-directrice du réseau PROTEO, qui étudie particulièrement la protéine Spicule pour le diagnostic de la COVID-19, une connaissance détaillée de cette protéine est d’une grande importance. « Cela permet aux chimistes de développer des composés pour bloquer l'infection virale et ainsi prévenir les infections, une stratégie thérapeutique qui pourrait être fort utile dans le futur » affirme-t-elle.

Ce même mécanisme semble s’appliquer aussi aux variants découverts récemment, qui contiennent aussi la mutation décrite plus haut. Selon le Pr Najmanovich, « chaque variant comporte son propre ensemble de mutations. La mutation N501Y (qui affecte l’état « ouvert/fermé » de la protéine Spicule), est tellement forte qu’on prédit qu’elle sera prédominante dans les différentes formes de variants futurs ». Une histoire à suivre! 

À propos de PROTEO
Fondé en 1999, PROTEO est le regroupement québécois de recherche sur la fonction, l'ingénierie et les applications des protéines. Soutenu par le FRQNT, il rassemble plus de 350 chercheures et chercheurs provenant de 48 équipes de recherche issues de 12 institutions de recherche.

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